La maire de Paris, Anne Hidalgo (C, en haut), tient le dernier Conseil municipal de sa mandature, le 9 février 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
Ultime affrontement à un mois des municipales: la maire de Paris Anne Hidalgo a tenu lundi son dernier Conseil dans un climat agité, marqué par le départ de sa grande rivale Rachida Dati partie en claquant la porte pour dénoncer son "déni" face aux violences sexuelles dans le périscolaire.
"Depuis des mois nous multiplions les interventions en séance et votre seule réponse a été +circulez y'a rien à voir+!", a tancé Jean-Pierre Lecoq, maire LR du 6e arrondissement, avant de quitter bruyamment l'hémicycle avec la maire du 7e arrondissement et l'ensemble des élus de son groupe, dix minutes après le début des débats.
"Le silence et le déni dans lesquels s'enferme l'exécutif sont d'une gravité sans précédent. À ce jour, aucune mesure d'urgence à la hauteur de la situation n'a été prise par la majorité de gauche sortante", ont appuyé dans un communiqué les élus LR, MoDem et UDI menés par Rachida Dati, candidate aux municipales des 15 et 22 mars.
Anne Hidalgo, lors de son dernier conseil municipal à la mairie de Paris, le 9 février 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
La maire PS sortante Anne Hidalgo s'est insurgée contre cette "politique de la chaise vide" à son dernier Conseil de Paris qui se tient lundi et mardi, au terme de douze ans de mandat.
"Peut-être que Madame Dati avait peur qu'on vienne l'interpeller sur son jugement le 16 septembre (date de début de son procès, NDLR), sur le fait qu'elle s'accroche à son poste de ministre, qu'elle n'assume pas toutes ses casseroles dans cette élection ?!", a-t-elle fulminé en regardant l'opposition quitter les bancs.
L'actuelle ministre de la Culture est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris en septembre 2026 pour corruption et trafic d'influence aux côtés de Carlos Ghosn. Des faits qu'elle conteste.
"Je trouve absolument scandaleux que, dans cette élection qui vient, une des candidates soit concernée par une affaire très grave et (...) risque, si elle était élue, de devoir abandonner ses mandats", a ajouté Anne Hidalgo en conclusion de son discours d'adieu.
Rachida Dati à la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, à l'Assemblée nationale le 5 février 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
Pour l'édile de 66 ans, qui a succédé à Bertrand Delanoë en 2014, il est "singulier que dans cette ville qui est un lieu de démocratie, de résistance, de combat pour l'Etat de droit, les Parisiens soient amenés à devoir départager des candidats dont une est dans une situation qui pourrait conduire à (ne) pas assumer sa fonction".
"Et donc qui d'autre pour assumer sa fonction ? Les Parisiens ont droit à la vérité et à la transparence", a poursuivi Anne Hidalgo, chaudement applaudie par sa majorité.
Ian Brossat, co-président du groupe communiste, a vu dans le boycott de l'opposition un "prétexte" pour ne pas rendre hommage comme il était prévu à El Hacen Diarra, un jeune Mauritanien mort mi-janvier en garde à vue.
- "Inaction" -
"Je constate que ces élus qui sont sortis de séance ont tous signé leur feuille d'émargement" leur permettant de toucher leurs indemnités, a aussi taclé le sénateur.
Resté dans l'hémicycle, le sénateur LR Francis Szpiner, à la tête d'un groupe dissident de Rachida Dati, a lui tenu à saluer la "lutte irréprochable" qu'a menée la maire socialiste "contre le racisme, l'antisémitisme et la laïcité".
Le sujet du périscolaire, éclaboussé par une multiplication de signalements de violences sexuelles, s'est imposé au premier plan de la campagne des municipales.
La Défenseure des enfants de la Ville de Paris, Dominique Versini, nommée sous pression en décembre par l'exécutif municipal, a indiqué la semaine dernière avoir reçu quelque 150 saisines depuis son entrée en fonctions.
Rachida Dati accuse la majorité "d'inaction", soulignant régulièrement que son groupe avait demandé en juillet une enquête administrative sur l'ensemble du périscolaire, sans réponse.
Dans son programme, la candidate propose que "plus aucun enfant" ne se retrouve "seul avec un adulte sur le temps périscolaire", ainsi qu'un retour à la semaine de quatre jours.
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie (hors LFI) à la succession d'Anne Hidalgo, promet de son côté une "refonte" du secteur, avec le recrutement de 2.800 agents.
L'ex-premier adjoint de la maire sortante, qui a révélé avoir lui-même été victime de violences sexuelles dans le cadre périscolaire durant son enfance, a dit "prendre sa part de responsabilité" dans le dossier.

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